Marie-Hélène Lafon

Samedi 3 mars – 20H30, Halle des Chartrons

Marie Hélène Lafon

lit des textes de Pierre Bergounioux, Mathieu Riboulet ainsi que des extraits de ses propres livres.

Entrée libre

Lire à voix haute pour donner corps et parce que le corps des lecteurs-auditeurs est aussi en jeu… Marie-Hélène Lafon lit :

  • Chasseur à la manque (extrait) de Pierre Bergounioux, Le Promeneur
  • La plaine des filles, nouvelle inédite de Mathieu Riboulet, tirée du manuscrit de Avec Bastien, Verdier
  • La demie de six heures, nouvelle de Marie-Hélène Lafon, La Guêpine, 2017
  • Le nom du soleil en quéchua de Mathieu Riboulet, tiré de Lisières du Corps, Verdier, 2015
  • Nos Vies (extrait) de Marie-Hélène Lafon, Buchet Chastel, 2017

 

M-H. Lafon dans Chantiers (éditions des Busclats, 2015) : « La phrase est tendue et travaillée pour rentrer dans les lecteurs (…) La phrase est faite pour leur passer dessus, au travers, pour les broyer les caresser les consoler les acculer les empoigner les débusquer les pousser dans leurs retranchements les plus embroussaillés les consoler les caresser. La phrase est faite pour danser. »

Marie-Hélène Lafon

sera au Marché de la Poésie de Bordeaux
le samedi 3 mars à 20H30 à la Halle des Chartrons

Les pays et l’ardente incarnation…
Le « pays premier » de M.H. Lafon, c’est le Haut-Cantal où elle est née en 1962. Ce monde paysan des origines, où elle a vécu enfance et adolescence, qui disparaît « à bas bruit », ce pays perdu avec ses gens perclus de solitude et de silence, auquel elle est viscéralement attachée et dont elle s’est arrachée pour entrer dans le monde second des études et des livres, elle travaille inlassablement à l’évoquer, le convoquer, le restituer, l’incarner depuis qu’elle a commencé à écrire en 1996.

Elle a pris la parole, elle parle pour ceux à qui on ne l’a pas donnée ou qui ne savent pas la prendre, mais tiennent et se tiennent à leur place. Elle écrit pour faire droit et honneur à ce monde, à Marie, aux Santoire, à Joseph, aux « derniers Indiens »…

Et il est pour M.H.Lafon un autre pays, aussi charnellement habité et vécu : c’est la langue. « L’étreinte », « l’empoignade » : ces mots lui viennent pour parler de son corps à corps avec la langue, de son travail tenace pour « faire rendre gorge » au réel qui la happe et l’émerveille, pour « écrire sous la peau de ses personnages » ; il s’agit de « flairer », « creuser », « ruminer », « malaxer », « mâcher » la matière verbale, c’est « sensuel », « terrien », « organique ».

La radicalité et la violence de ses textes viennent de là -du pays premier-, mais en viennent aussi la grâce et la jubilation qui portent cette « écriture à l’os » et aussi ce souffle qui la traverse, nous traverse et nous bouleverse. Oui, son écriture est pays où s’enraciner et ardente incarnation, « élan organique » et « feu vital ».

À lire parmi ses romans et nouvelles : Le soir du chien (2001,Prix Renaudot des lycéens) ; Liturgie (2002) ; Les derniers Indiens (2008) ; L’annonce (2009, Prix des libraires, Prix Paroles d’encre, Prix Marguerite Audoux) ; Les Pays (2012, Prix du style, Prix Arverne) ; Joseph (2014) ; Histoires (2015, Prix Goncourt de la nouvelle) ; Nos vies (2017).

Les textes de M.H. Lafon sont publiés chez Buchet-Chastel (et pour certains en éditions de poche).

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