Ce n’est jamais fini

Fatoumata Keita


Ce n’est jamais fini…
On fait ce qu’on peut pour vivre notre vie
On fait ce qu’on peut pour terrasser nos douleurs
On fait ce qu’on peut pour affronter nos peurs
On fait comme on peut pour arroser nos passions
On fait ce qu’on peut pour faire fleurir nos rêves
On fait ce qu’on peut pour élever nos enfants
On fait ce qu’on peut sans jamais baisser les bras
Sans plus d’une nuit se lamenter sur nos tourments
Et ce n’est jamais fini ma sœur Kady…
Quand tu crois avoir raté le départ
Quand tu te crois vraiment en retard
Il y a toujours un train à l’arrêt
Un train qui t’attend pour démarrer
À l’arrêt ton train à l’heure pile
Tu n’auras pas à faire de long fil
Pour prendre ton départ KadyCe n’est jamais fini…
Toujours présente la grâce de dernière heure
Celle qui précède la fin et succède à l’agonie
S’ouvre toujours une porte pour le secours
Le recours incroyable est toujours là à l’heure pile
Ce n’est jamais fini
Il nous faut d’autres histoires à dire
Des histoires qui aident à grandir
Des histoires qui aident à sourire
Des histoires qui aident à rêver
Des histoires qui aident à agir à avancer
Des histoires qui remplissent les poches
Des histoires toutes pleines la sacoche
Des histoires pour se former et son destin forger
Il nous les faut mon frère Modibo Kanfo
Il nous faut visiter les chemins d’ombres qui débouchent sur le progrès
La gloire est faite de sueur et de peurs avalées
D’écorces de caïcédrat mâché et de désert traversés
Et ce n’est jamais fini…

Malgré la laideur des nuits d’éclipse
Malgré la vilenie humaine
Mon âme reste saine
Toujours confiante en l’humain et en la vie
Et ma vie reste remplie de poésie
La poésie ma mélodie mon art ma seule vertu

Ce n’est jamais fini…
La terre est un lieu de rencontres inouïes
Et la vie une grande gourde remplie
Dans laquelle on boit du miel et du fiel
Malgré la rudesse du chemin parcouru
Malgré la traîtrise des faux-fuyants


Malgré les soupirs malgré la cruauté du temps
Ma sœur Maragoue reçoit le nouveau jour
Comme tu reçois ton bien aimé avec amour
Élégance et reconnaissance
Mariam Lagaré Nana Nassira mes soeurs-amies
En chacun de nous mille autres vies
En chacun de nous une ombre qui suit
En chacun de nous un rêve qui sourit
En chacun de nous une espérance inédite
Un appétit un désir une folie
En chacun un amour qui attend d’être donné
En chacun un air qui appelle à danser
En chacun un poème qu’on déclame en silence
En chacun un conte à relater un chant à fredonner
En chacun une terre toute étrangère
Que l’on range quelques fois à l’étagère
Pour ne pas aller vers l’insolite
En chacun une branche d’espérance
Mille fois en mille morceaux cassés
Ramassée et mille fois recollée
En chacun une rivière d’ignorance
Qui coule et nous cache nos lendemains
En chacun hurle un chant
Chant d’espoir vital à la vie
Chant de réveil chant de minuit
Chant qu’on entonne pour briser le silence de la nuit
Qu’on entonne pour essuyer la laideur du jour
Qu’on récite par cœur les jours gris
Pour recharger la batterie de l’endurance
Ce n’est jamais fini…
Devant nous des bras toujours grand ouverts
Qui attendent toujours l’élan de nos cœurs
Toujours pour nous un cœur disponible
Qui donne et s’adonne à nous sans compter
Merci à toi mon Isaac Niiaré ma destinée

Ce n’est jamais fini…
Là où il y a une lueur
Existe toujours une zone d’ombre
Un rire crispé un regard effaré
Un bonheur égaré là où il y a un rayon de soleil
Ce n’est jamais fini…
Là où il y a un voile de ténèbres
Existe une petite clairière
Une larme séchée une poignée de main
Un rêve renouvelé un vœu reformulé
Une promesse réaffirmée une main tendue
Un baiser à offrir
Là où il y a un voile de deuil
Et ce n’est jamais fini…

Fatoumata KEITA – (Mali)

 

 

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