Au hasard

[column-half-1]El mar sigue adelante

Entre tanto guijarro de la orilla
no sabe el mar
en dónde deshacerse

¿Cuándo terminará su infernidad
que lo ciñe
a la tierra enemiga
como instrumento de tortura
y no lo deja agonizar
no le otorga un minuto de reposo?

Tigre entre la olarasca
de su absoluta impermanencia
Las vueltas
jamás serán iguales
La prisión
es siempre idéntica a sí misma

Y cada ola quisiera ser la última
quedarse congelada
en la boca de sal y arena
que mudamente
le está diciendo siempre:
Adelante

José Emilio Pacheco[/column-half-1][column-half-2]La mer va toujours de l’avant

Parmi tous les galets de la grève
la mer ne sait
où se défaire

Quand donc terminera ce tourment infernal
qui la limite
à la terre ennemie
instrument de torture
qui ne la laisse pas mourir
ne lui accorde pas une minute de repos ?

Tigre dans les brumes houleuses
de son impermanence absolue
Les retours
ne sont jamais égaux
La prison
est toujours identique à elle-même

Et chaque vague voudrait être la dernière
rester congelée
dans la bouche de sel et de sable
qui muettement
lui dit en permanence :
En avant

José Emilio Pacheco[/column-half-2]