En sourdine

En sourdine

Calmes dans le demi-jour
Que les branches hautes font,
Pénétrons bien notre amour
De ce silence profond.

Fondons nos âmes, nos coeurs
Et nos sens extasiés,
Parmi les vagues langueurs
Des pins et des arbousiers.

Ferme tes veux à demi,
Croise tes bras sur ton sein,
Et de ton coeur endormi
Chasse à jamais tout dessein.

Laissons-nous persuader
Au souffle berceur et doux
Qui vient à tes pieds rider
Les ondes de gazon roux.

Et quand, solennel, le soir
Des chênes noirs tombera,
Voix de notre désespoir,
Le rossignol chantera.

Paul Verlaine

2 réflexions sur « En sourdine »

  1. Il n’est parfois rien d’autre, en effet, que marcher, d’une allure refusant la hâte, pour éprouver sa vie, avec le pressentiment que les reliefs des lointains ou les proches couleurs gardées par les arbres, sauront, mieux que toute amicale présence ,
    S’entendre avec nous.

    Dernières nouvelles d’un sentier
    Jean-Luc Steinmetz
    Collection Le Lieu et la formule
    Éditions L’Étoile des limites

  2. Un jour je vous dirai la différence entre le songe et les rêves
    l’épluchure de l’esprit c’est le rêve
    même si le fruit est parfait il y a des restes
    le songe est parole pour l’âme
    même si la parole est imparfaite il y a le chant
    Dieu ne dit pas en songe que la mort est vivante
    Il dit que la vie est désirable même à l’heure de la mort
    je ne dis pas qu’un songe est préférable
    je dis qu’il diffère venant du dehors
    et non issu de nous comme un rêve
    et l’âme sait des choses que l’esprit ne sait pas.

    Denis Clavel
    La théorie de Delphes

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