Un cri

Un Cri

Tu as lutté pour éviter ton sort,
Echapper au diktat de la Mort
S’avançant tel le désert au Sahel
Si loin, semble-t-il, de la « France éternelle »…
Ton don n’était pas une offrande :
L’existence se devait d’être plus grande,
Ton Afrique logé au plus profond de toi
Ton rêve aurait été d’avoir le choix…
Le voyage payé par tes proches,
Des crève-cœur au fond des poches,
Bien sûr, tu jouais plus que ta vie
Dans la traversée de la grande nuit…
Sans passeport mais plein d’un désir :
Œuvrer pour la lucidité de l’avenir,
Tu n’aurais plus été esclave du pire :
Cœur battant se frayant un devenir…
Excuse cette pesanteur de prêtre
Au fond, je n’ai pas su lire tes lettres
Où se dessinait avec pudeur ta quête :
Etre là, décemment, pour un tête-à-tête…
Me revient chaque jour ton cri étouffé
Par la violence cynique d’agents préposés,
Ils ont tordu ton corps dans tous les sens
Au nom de la vanité des fausses puissances…

Parfois, curieusement, je le vois,
Il est dans mon studio et il s’assoit :
Lumineux sans aucun artifice,
A quoi servent donc tous ces supplices ?

Yoann Jegot

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