La vie antérieure

J’ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.

Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d’une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.

C’est là que j’ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l’azur, des vagues, des splendeurs
Et des esclaves nus, tout imprégnés d’odeurs,

Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l’unique soin était d’approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.

Charles Baudelaire

Les Fleurs du mal

Une réflexion sur « La vie antérieure »

  1. Pour en finir avec les jours
    Plus courts que les nuits.
    Le choix est vaste et divers
    surtout en hiver.
    « À l’heure où blanchit la campagne « …

    Mais celui-ci me parle depuis longtemps .
    Depuis toujours.
    Celui-là parmi d’autres
    Histoire d’un retour en pays choisi.
    […]

    15/ « Je veux parler de Dzibilnocac parce que cette légende d’un lieu solitaire où on écrit la nuit me paraît belle.
    Belle comme la chambre d’ombre, le lieu où on est le mieux au monde pour oublier le monde et entrer seul dans les signes, qu’ils soient gravés sur la pierre, peints sur les feuilles de papier pliées en accordéon ou imprimées sur les pages serrées d’un livre sans images qu’on tourne lentement dans le silence de la nuit.
    Écrire de nuit , lire de nuit , c’est le plus extraordinaire et le plus facile des voyages.
    […]
    J-M-G Le Clézio
    La Fête Chantée
    Éditions Gallimard 1997

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