De nos vies cabossées


De nos vies cabossées,
Passées à bosser,
Comme des dromadaires,
Il ne reste rien.

Las de bosser ici, là,
Sur les bords des dunes
Pas à pas, les mulets portent le bât
Qui blesse.

Jusqu’au lac gelé, jusqu’à l’oasis,
Ordonnée ou abscisse,
Dans la poussière
Et la lumière.


Traverser le désert,
De sable,
Mirage dans la pierraille,
Penser l’impensable.

Ranger des dossiers
Ou foutre la pagaille,
Boire une autre lampée
Pendant que ça mitraille.

Tromper son monde comme un éléphant ?
Où chercher la faille ?
Vaille que vaille,
Vaincre ou convaincre.

CharlÉlie Couture

La mécanique du ciel, “Curiosa & Cœtera“, Le Castor astral.

2 réflexions sur « De nos vies cabossées »

  1. Sans aucun doute, il sait de quoi il parle l’artiste CharlÉlie. On s’y retrouve…

    Et si c’est Le Castor Astral ( oui ici j’y mets la majuscule à astral ) qui transbahute ses mots parmi d’autres choisis finement, alors ce sont de beaux cadeaux de palabres en vers où prose , que voilà, à mettre entre toutes les mains.
    Pour élargir nos horizons…

    11/ «  El que se larga à los gritos no escucha su propio canto »

    Atahualpa Yupanqui

    12/ « Prunier devant ma porte,
    si je ne reviens pas,
    le printemps reviendra toujours.
    Toi, fleuris.
    Anonyme japonais

    13/ « On pense généralement que les journées d’un arbre se ressemblent toutes. Surtout s’il s’agit d’un vieil arbre. Mais non. Une journée d’un vieil arbre est une journée du monde. »
    […]
    Beaux & forts textes dans ce recueil de nouvelles d’un écrivain argentin dont Gabo dit aussi Gabriel García Márquez, disait qu’il était l’un des plus grands écrivains argentins …

    Haraldo Conti né en 1925 à Chabuco. Enlevé dans la nuit du 4 au 5 mai 1976 , durant la dictature, il est porté disparu depuis .
    Traduit par Annie Morvan ici, traductrice fameuse de Gabo entr’autres .

    La Ballade du peuplier carolin
    Haraldo Conti
    Éditions La dernière goutte
    ( C’est une belle aventure
    d’ Edition présente chaque année à L’Escale du Livre de Bordeaux , qui ne cesse de nous surprendre)

  2. 14/ Une nuit parfumée
    À ma tante Haydée , pour qu’ele ne meure jamais.

    « LA Vie D’UN HOMME est un misérable brouillon, une petite poignée de tristesses qui tient en quelques lignes. Mais, de même que des années entières ne sont parfois qu’une longue et épaisse obscurité, une minute de la vie d’un homme peut-être un éblouissement.[…] »

    Haraldo Conti
    Éditions La dernière goutte

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