Qui pleure-t-on ?

Qui pleure-t-on ?

[…] Qui pleure-t-on ?
Y a-t-il un secours ?
Couper dans soi ?
Tu fut-il ?
Je n’est plus pour le savoir ?
Si tu n’est plus pour que je

Y a-t-il un autre destinataire du monde ?

Sans doute.

Pour qui sont ces serpents ?

Y a-t-il encore du blanc aux fleurs de camélia ?

Le lierre coule-t-il encore des parois ?

Le crime de défaire ?

Ne fait pas très bon, là

Faut-il refaire ces choses où je fut malhabile ?
La mort ? Je ne sais pas
Apprends-moi ce que je sais
pour que je reconnaisse
Où es-tu ? je ne peux me souvenir
Quelle contingence avec demain ?
Indigne de contingence ?
Dès aujourd’hui mais
demain ? qu’est-ce dire ?
Qui suis-je ? est-ce ? et pour qui sont ?
Rêvais-tu ?
Je n’étais pas là
Rêvais-tu pour carner le dogme ?
J’faut
sans la violence
Faudrait
mais sans la violence
Et dire encore merci ?
Tu ne seras pas là je n’étais pas là
Je ? là ? qu’est-ce ?
Nous n’étions qu’ici
Qui dans le feu tord une aurore ?
pour légender l’instant d’un incipit
au point du jour
Avant l’erreur point de jour au rideau
[…]

Caroline Sagot-Duvauroux,
’j, éditions Unes, 2015

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *