La Maison natale

Je m’éveillai, c’était la maison natale,
L’écume s’abattait sur le rocher,
Pas un oiseau, le vent seul à ouvrir et à fermer la vague,
L’odeur de l’horizon de toutes parts,
Cendre, comme si les collines crachaient un feu
Qui ailleurs consumait un univers.
Je passai dans la véranda, la table était mise,
L’eau frappait les pieds de la table, le buffet.
Il fallait pourtant qu‘elle entrât, la sans-visage
Que je savais qui secouait la porte
Du couloir, du côté de l’escalier sombre, mais en vain,
Si haute était déjà l’eau dans la salle.
Je tournai la poignée, qui résistait,
J’entendais presque les rumeurs de l’autre rive,
Ce rire des enfants dans l’herbe haute,
Ces jeux des autres, à jamais des autres, dans leurs joies.
Yves Bonnefoy

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *