Cerise, soleil noir

Le soleil noir des cerises,
le sang porté aux lèvres
encore  et  toujours
avec le temps qui passe ;
le temps passé
sur le visage et le livre des mains.
On se regarde du bout des doigts,
on porte le fruit à la bouche ;
On cherche sa lumière.
On espère un reflet, un seul,
sur le poli de la peau
Est-ce la nôtre ? Est-ce la sienne ?
Ton silence fait trembler le verger tout entier.
La nuit se fait pulpe
le soleil s’est figé sur sa branche,
Dans l’herbe nous ne dormons que d’un oeil
roulé sur nous-même, en nous,
noyau ! Cellule !
Souvenir tendre sous la dent
de la mémoire.
Ensemble, nous sommes ce soleil noir
friable sous le bec jaune du merle

*

Nous sommes ce fruit mûr
sous l’accord parfait de tes doigts.
Voyage de silence et de pluie sur l’écorce,
le corps et son mensonge.
Cerise le vent porte le message des feuilles,
il l’épèle et le dénude.
Une fois encore tu cajoles le silence
Devant la fenêtre tu berces chacun de ses non-dits.
Tout frissonne et frissonne encore
jusqu’à se qu’apparaisse
l’ombre du chat, et cette vie
qui nous échappe
comme le fruit qui tombe d’une branche.

Jean-Claude Tardif

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