Un matin

 

Alberto Nessi

Un matin

Un matin, comme je descendais l’escalier
le passé tout entier s’en vint à ma rencontre:
c’était le vide des années, c’était le mal
de qui s’est éloigné pour toujours.

Le passé tout entier s’en vint à ma rencontre;
ensuite ont défilé les masques coutumiers,
les fumeurs du néant, les feuilles
et leur mystère dans la peine de l’aube.

C’était le vide des années, cétait le mal
qui plonge encore en nous ses lames
et de chacun ne laisse qu’une coquille vide
abandonnée sur la dernière marche.

De qui s’est éloigné pour toujours
passa dans un frisson le souvenir:
puis l’aube m’a chanté sa chanson dépouillée
claire comme un geste d’amour.
 
Traduit de l’italien par Christian Viredaz et Jean-Baptiste Para
© Editions Empreintes, Lausanne 1996
tiré de: Alberto Nessi: La Couleur de la mauve — Il colore della malva

Un mattino

Un mattino scendendo le scale
tutto il passato m’è venuto incontro:
era il vuoto degli anni, era il male
di chi s’è allontanato per sempre.

Tutto il passato m’è venuto incontro;
poi sfilarono le maschere consuete
i fumatori del nulla, le foglie
con il loro mistero nella pena dell’alba.

Era il vuoto degli anni, era il male
che ancora affonda le sue lame
e di ciascuno di noi fa un guscio vuoto
dimenticato sull’ultimo scalino.

Di chi s’è allontanato per sempre
passò in un brivido il ricordo:
poi l’alba mi cantò il suo canto spoglio
chiaro come un gesto d’amore.
 
© 1992 Edizioni Casagrande, Bellinzona
from: Il colore della malva
Bellinzona: Edizioni Casagrande, 1992

Alberto Nessi

Italien
Audio production: 2000 M. Mechner, literaturWERKstatt berlin
Source : Lyrikline

 

 

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