Sous la nuit

 

 

Sous la nuit

Les absents soupirent tristement et la nuit est dense. La nuit a la couleur des paupières du mort.

Je m’enfuis toute la nuit, je mène la poursuite et la fuite, je chante un chant pour mes maux, oiseaux noirs sur linceuls noirs.

Je crie intérieurement, je me confine, je m’éloigne de la main crispée, je ne veux rien savoir d’autre que ce ronflement, ce bruit dans la nuit, cette errance, cette chose introuvable.

Je fais la nuit toute la nuit.

Toute la nuit tu m’abandonnes lentement comme tombe l’eau lentement. Toute la nuit j’écris pour chercher qui me cherche.

Mot pour mot j’écris la nuit

Sous la nuit

Los ausentes soplan grismente y la noche es densa. La noche tiene el color de los párpados del muerto.

Huyo toda la noche, encauzo la persecución y la fuga, canto un canto para mis males, pájaros negros sobre mortajas negras.

Grito mentalmente, me confino, me alejo de la mano crispada, no quiero saber otra cosa que este clamor, este resollar en la noche, esta arrancia, este no hallarse.

Toda la noche hago la noche.

Toda la noche me abandonas lentamente como el agua cae lentamente. Toda la noche escribo para buscar a quien me busca.

Palabra por palabra yo escribo la noche.

 

Alejandra Pizarnik

 

 

 

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