Retour

c’est en rentrant chez moi que je me suis souvenu
de ces vers de Big Jim lus avant de partir
home again
it looked different for a moment

la terrasse était jaune l’air clair et transparent
un papillon voletait à la vitre
loin des briques tristes de Baltimore
de Providence élégante et guindée

du Walden Pond hivernal
de Nantucket gris bleu et de la pomme brillante
rougeoyant dans le soir d’Hoboken
j’ai eu un peu de mal pourtant à me glisser

dans les draps secs trop familiers du retour
pesté contre les voisins qui avaient salopé
la cage d’escaliers l’état d’esprit français
l’incivilité manière d’être au monde

puis me suis avisé que bientôt
les martinets reprendraient leurs folles arabesques
empliraient de leurs cris le couloir gris des rues
et me suis endormi

Christian Garcin

Poèmes américains, éd. Finitude

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