L’enfance en crue

 

Caroline Boidé
© Daniel Mordzinski


L’enfance en crue a pris d’assaut mes pages.
Ses voix brisées, ses digues de silence, sa maison rougie au fer
et ses poussées dans le noir se sont imposées à moi comme un attentat,
que j’ai laissé glisser au tamis du poème.
Elle a plu derrière ses yeux pour épargner la mère
Elle a tendu la joue pour être en ligne avec le ciel fou au-dessus d’elle
Elle s’est rasée la tête et ses cheveux pendus font office de conteur
Tout entière dans les plis de la mère, son ombre incapable de suivre
les contours déchaînés de leurs corps a disparu pour de bon

Caroline Boidé

Pivoine aux poings nus, Éd. Voix d’Encre

 

 

 

2 réflexions sur « L’enfance en crue »

  1. Il est beau, long et tellement désirable
    Ce chemin le moins fréquenté
    Qu’il est en lui même tout ce florilège de désirs inavoués

    Ce qui est rare est aussi un chemin qui s’égare au fond des bois ou des flots.
    Ce qui est inaccessible est cette trace de pas de bêtes et d’humains laissée dans la neige
    Ici ou là-bas
    Gavarnie, ta brèche s’ouvre un peu plus
    Et toi en cette cordillère des Landes , iodées et résinées, aux dunes ondulées
    et mouvantes .
    Loin de l’asphyxie possible,
    Himalayennes expéditions immuables & inexorables
    Celles des peuples qui sont condamnés à cheminer pour vendre-vivre-exister-repartir-traverser- risquer d’essouffler leurs yacks revenir « en connaissance de cause », recommencer.

    Chemins de traverse :
    Ces dernières années
    Traversées des déserts
    (Qui peut-être en réalité
    Ou bien en songes )
    Ne sont que ce Désir
    Qui plonge aux origines
    Et resurgit en pulsion de vie.

    L’écouter .

    Post Scriptum *

    La Vida no vale nada
    Pero nada vale la vida

    *Frida Kahlo

  2. « Le chemin que je ne pris pas » semble lié à la crue de l’enfance
    Sinon cela n’a pas de sens d’être en ces mots qui cheminent à tout vent.

    La photo est là-bas
    Quelque part
    Qui prouve
    Que quelqu’un d’autre est aussi passé par là
    Alejandra, Violeta, Gabriela, Émilie, Paul, René, Mahmoud, Svetana, Louise, Bernardo Atxaga, Manuel Rivas , et toujours l’unique Robert Desnos Ô !combien
    et puis tant d’autres tels Faulkner , Toni, Pascal ans Co,
    Roberto Juarroz qui en savaient autant que possible, traversaient ce quelque chose, en ces chemins verticaux , ce quelque chose d’indicible parfois mais qui méritait d’être exploré.
    Pour la part des désirs inassouvis, lumineux et des ombres laissant leurs empreintes indélébiles.

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