Langue natale

Loránd Gáspár


Les contraires qui sont battement au cœur du monde, la
parole les porte à déchirure.
Dans la dislocation que plus rien ne guérit, la ferveur d’une
langue dévore son avenir.
Fouet d’une phrase sans équivoque.
Ici s’est tenue la lumière d’un arbre, là s’est dissoute la venue
d’un pas.
Dans le buisson des cris le dieu se creuse de mutisme.
Quelque flamme que tu portes – si peu cette eau qui s’évapore.
Fraîche amertume du sel dans les plis de lumière.

Gáspár Loránd

Approche de la parole , Gallimard

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.