Étranger

Étranger
prends le temps d’aimer l’arbre
accoude-toi à la terre
un cavalier t’apportera de l’eau, du pain
et des olives amères
c’est le goût de la terre et les semences de la mémoire
c’est l’écorce du pays
et la fin de la légende
ces hommes qui passent n’ont pas de terre
et ces femmes usées
attendent leur part d’eau.
Etranger
laisse la main dans la terre pourpre
ici
il n’est de solitude que dans la pierre

Tahar Ben Jelloun

Cicatrices du soleil
Editions François Maspero,1972

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