Azurées

Murielle Szac
1
Je suis partie sans le bouquet
j’ai emmené pierres chaudes sous la paume fourmis
errant au labyrinthe de ton cœur
bonheur bleu des stridentes cigales
battements de tes cils colibris
sur ta joue que je mordille
Je suis partie
avec le désir fou
du goût de ta pulpe
et du poivre musqué de tes embruns
Les jours qui nous séparent
de barricades du soir en passerelles du petit jour
tendent leurs longs doigts de soie
pour cueillir l’oiseau dans sa cabane
et le déposer dans le creux de ton cou.

 

2
Ferme les yeux
écoute le bleu du ciel
il est trempé à l’eau de ton regard
il est serré dans mon mouchoir
non
ne les ouvre pas tout de suite
l’hibiscus du petit matin
rouge
danse sur ta joue
si près de ta bouche
Tu entends
le frisson du jasmin
et ce bruit qui galope dans ma tête
c’est le battement précipité de mon cœur.

Murielle Szac

In Gustave, no 100, 2020.

 

 

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