Ce qui advient et ce qui n’advient pas [I]

De ce qui advient ou n’advient pas l’ombre est me
semble-t-il le fantôme le moins expérimenté. Non
que de l’un à l’autre le double témoin comme qui
aurait décidé de tendre une oreille ou de figer son
souffle se souvienne de ce qui s’est passé. Je ne suis
pas sûr que quelque chose se soit passé quand est
remontée malgré l’obstruction des nuages une neige
peu encline aux ascensions. Remontée vers où
pourrait-on demander.
Ou que fait une neige
quand au lieu de descendre elle monte. Ou
pourquoi de ce qui advient ou n’advient pas ne
jaillirait pas un autre fantôme qui là-bas s’est glissé
dans l’hiver et ici dans les mots. Et pourquoi ce
fantôme se glisserait-il dans les mots ici.

Jean Portante
Paris, mars-avril 2010

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