Soir

 

Comme nous voici loin du clapotis bleu des collines
Qui bat contre les murs que va démanteler le soir ;
Ici ; ne bougeons pas ; le souvenir de cet instant
Qui vient se penche sur nos fronts et nous sommes perdus,
Bien qu’une branche rame encore et cherche à nous sortir
Du remous désormais figé qui nous retient.Si près
Qu’on y pourrait tremper la main, la source s’abandonne
Au bonheur précaire du temps qui coule, mais nos joies
Semblent demander l’heure, encore incrédules : déjà
Leur écho s’est éteint parmi les arbres immobiles.
Nous voici là, debout dans la lumière de l’exil,
Interrogeant en vain notre ombre au soleil qui décroît.

Jacques Réda

 

 

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