Nuques

Ils éclatent le bois de leurs éclats de voix,
ils sont la chair de l’air, le souffle, les enfants
djinns ravis en avant à tue-tête courant
de toutes leurs jambes à genoux vers les pins
qui avancent sur eux en raides fantassins
d’une seule jambe, droit sur eux, d’un seul pas.

Les pins hochent la tête, leurs cheveux frissonnent.
On les voit et revoit, les nuques des enfants,
fondues entre les troncs en pixels de sang blanc.
Avaient-ils l’œil qui rit ou celui qui explore ?
La grâce des enfants vient de ce qu’ils ignorent
qu’un dessein les poursuit là où leurs pas les mènent.

Des gouttes de lune sur le buvard de l’ombre,
les nuques des enfants qu’on regardait se tendre
comme des offrandes aux pins dressés aux ordres.
La mer est dans le ciel, pousse un soupir de foule.
Silence. Stridence, la gueulante des goules.
Silences. Stridences. Et quelques voix sans timbre.

Ken Kincaid

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