Au loin

Au loin

Au loin, au loin
Luisent les étoiles de ma vie,
Et je contemple avec tristesse,
Mon bonheur de jadis,
Regardant si volontiers, si volontiers
Avec un frisson de plaisir en arrière.
Comme un voyageur sur les hauteurs se tient
Et surplombe du regard les lointains,
Les prés fleuris
Où passent en murmurant les douces, tièdes
Brises, et prête l’oreille
Avec un effroi secret :
Ainsi s’étendent devant moi
De vastes époques heureuses et arrachent
Mon esprit aux misérables bornes
De négatives pensées
Pour l’élever jusqu’aux joies éternelles de là-bas.

In der Ferne

In der Ferne, in der Ferne
Leuchten meines Lebens Sterne,
Und mit wehmuthsvollem Blick
Schau’ ich auf mein einstig Glück
Ach so gerne, ach so gerne
Wonneschauernd oft zurück.
Wie auf Höhen Wandrer stehen
Und die Ferne übersehen
Und die blüthenreichen Auen,
Wo die himmlisch süssen lauen
Lüfte rauschen, und still lauschen
Mit geheimniss vollem Grauen:
Also breiten sel’ge Zeiten
Sich vor mir aus und geleiten
Meinen Geist weg von den Schranken
Kahler, nichtiger Gedanken
Hin zu jenen ew’gen Freuden.

Friedrich Nietzsche

Poèmes de jeunesse (1858-1871)

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