À l’intérieur coule la mer

Nawel Ben Kraïem


Tandis qu’il pleut depuis hier
Je prends un café au Wepler
À l’intérieur coule la mer
Je bois les clichés de place Clichy
Des hommes en selfies de couleur
Assis comme des photographies
D’un bleu pétrole d’un bleu d’ailleurs
À l’intérieur coule la mer
Je sillonne Tunis et Sfax
Je suis libre comme Lyes ou Max
À l’intérieur coule la Garonne
L’accent de la daronne chantonne
Et mes deux sud y fusionnent
Va voir si je n’y suis pas
Couchée sous mes fantômes à moi
Tandis qu’il pleut depuis hier
Je m’écroule près de la cafetière
À l’intérieur coule l’amer
Je m’y enroule à l’envers
Je cours là-bas chez mes grand-mères
Ou bien là-haut chez mes grand-père
Je prends un café au Wepler
Je suis libre comme Max et l’air
Comme Mokhtar et un désert
Dans lesquels coulerait la mer

Nawel Ben Kraïem (France-Tunisie)

J’abrite un secret, à paraître aux Éditions Bruno Doucey.

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.