Le navire mystique

Il se sera perdu le navire archaïque
Aux mers où baigneront mes rêves éperdus,
Et ses immenses mâts se seront confondus
Dans les brouillards d’un ciel de
Bible et de
Cantiques.

Et ce ne sera pas la grecque bucolique
Qui doucement jouera parmi les arbres nus ;
Et le
Navire
Saint n’aura jamais vendu
La très rare denrée aux pays exotiques.

Il ne sait pas les feux des havres de la terre,
Il ne connaît que
Dieu, et sans fin, solitaire,
Il sépare les flots glorieux de l’Infini.

Le bout de son beaupré plonge dans le
Mystère ;
Aux pointes de ses mâts tremble toutes les nuits
L’Argent mystique et pur de l’étoile polaire.

Antonin Artaud

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