Ô mon cœur

Ô mon cœur !
La vie est sans pitié,
toute traversée
de cauchemars.

Sans presque t’en rendre compte,
ton esprit s’éloignera
de ton corps.

Du calme ami !
Étends-toi langoureusement
sur la verte pelouse,
et sois heureux
quelques jours au moins.

Profite de l’instant qui passe,
instant
fuyant,
avant que le gazon ne renaisse
engraissé par tes cendres.

Omar Khayyam, Les Roubaïates.
Traduction de Christovam de Camargo