N

N

(prononcer nu, lettre grecque en capitale)

Manteau sur le porte-mental
la peau sans ses oripeaux
me voici nu comme un poème
monté à cru sur un tabouret sale
prenant la pose pour ce cours du soir de dessin

sur ma sellette
cheval de trois batailles
duel contre moi-même
duo avec la salle
je suis livré à dessein
comme chair à dessin
aux feux des canons de l’art
et quelques artificiers

ils tirent à vue et en couleur
sur le même modèle en une seule sommation
pas de quartier pour l’animal

écorché
on taille dans le vivant
rien de ce qui fait corps ne leur est épargné
jusqu’aux lignes dures de l’os des vanités

il y a toujours dans l’exercice du dessin
une trahison à l’œuvre qui fixe
au final un avatar de l’autoportrait

et le modèle de penser
que le nu co-efficient à sa fréquence d’exposition
est une constante de joie
que chacun planque à une longueur d’onde
qui varie avec la quantité du mouvement
d’où il est observé

Naly Razakandraïbé

Une réflexion au sujet de « N »

  1. À propos de dessins , de portraits qui ne connaissent pas le temps écoulé.
    Qui defient le sacré par leur intemporelle beauté.
    Retrouvé ( ce jour !) en replongeant mes yeux dans un catalogue d’exposition : Plumes Amérindiennes
    ( du MAAOA à la Vieille Charité à Marseille ) cette photo d’un amérindien Wayampi qui « pourrait être un portrait de Naly  » me disais-je en le voyant !
    Photo (1948 )deTukuchi donc .
    Il fut un des guides du fameux docteur Marcel Heckenroth lors de sa mission en Guyane ( de 1939).

    Tukuchi , l’élégance

    Tukuchi
    Nu
    Livré à dessein
    À l’œil du photographe
    Cliché
    Clic – Clac
    Noir & blanc
    Intemporel.
    Nu
    Douceur
    Regard frangé
    Cheveux longs
    Tukuchi
    Nu
    Digne
    Beau.

    Véronique

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