L’amour anarchiste

L’AMOUR ANARCHISTE

Le gâs était un tâcheron
N’ayant que ses bras pour fortune,
La fille, celle du patron,
Un gros fermier de la commune
Mais ils ne s’en aimaient que plus…
— L’amour se fiche des écus !

Lorsqu’ils s’en revenaient du bal
Par les minuits clairs d’assemblées,
Au risque d’un procès-verbal
Ils faisaient de larges roulées
Parmi le blé profond et droit…
— L’amour se fiche de la loi !

Un jour, tous deux furent prier
Elle, son père ! et lui son maître,
De les laisser se marier ;
Mais le vieux les envoya paître ;
Lors, ils prirent la clé des champs…
— L’amour se fiche des parents !

S’en furent dans quelque cité,
Loin des labours et des jachères,
Passèrent ensemble un été
Puis tout soudain, ils se fâchèrent
Et se quittèrent bêtement :
— L’amour se fiche… des amants !

Gaston Couté

Une réflexion sur « L’amour anarchiste »

  1. Je diffuse depuis six ans chaque semaine de la poésie contemporaine, au sens large, dans la boîte aux lettres de qui le veut bien, toujours extrait d’un recueil bien tangible en ses feuillets et édité à compte d’éditeur. Une centaine de lecteurs à ce jour.
    Un grand merci pour ce texte enlevé de Gaston Coûté !

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