La llave que nadie ha perdido

La llave que nadie ha perdido

La poesía no sirve para nada, me dicen
Y en el bosque los árboles se acarician
con sus raíces azules y agitan sus ramas
el aire, saludando con pájaros la Cruz del Sur
La poesía es el hondo susurro de los asesinados
el rumor de hojas en el otoño, la tristeza
por el muchacho que conserva la lengua
pero ha perdido el alma
La poesía, la poesía, es un gesto, el paisaje
tus ojos y mis ojos muchacha, oídos corazón
la misma música. Y no digo más, porque
nadie encontrará la llave que nadie ha perdido
Y poesía es el canto de mis antepasados
el día de invierno que arde y apaga
esta melancolía tan personal

La clef que personne n’a perdue

La poésie ne sert à rien, me disent-ils
Et dans le bois les arbres se caressent
de leurs racines bleues et agitent dans l’air leurs rameaux,
saluant avec des oiseaux
la Croix du Sud
La poésie est le profond murmure des assassinés
la rumeur des feuilles à l’automne, la tristesse
pour le gamin qui conserve sa langue mais a perdu son âme
La poésie, la poésie est un geste, le paysage
tes yeux et mes yeux jeune fille, les oreilles, le  cœur
la  musique même. Je n’en dis pas plus car personne ne trouvera la clef qui ne fut perdue par personne
Et la poésie est le chant de mes ancêtres
Le jour d’hiver qui brûle et éteint
cette mélancolie tant personnelle

Elicura Chihuailaf

La version mapuche :

Ini rume ñamvm noel chillafe

Feyti vlkantun che mu rume kvmelay, pigeken
Ka fey ti mawizantu ayiwigvn .ti pu aliwen
ñi kallfv folil mu egvn
ka ñi chagvll negvmi ti kvrvf
chalilerpuy vñvm egu ti Pvnon Choyke
Feyti vlkantun alvkonchi wirarvn
feyti pu lalu
kiñe pin ti tapvl rimv mew
feyti weñagkvn feyti wecheche
ñi petu zugu ñi kewvn
welu ñami ñi pvllv
Feyti vlkantun, ti vlkantun fey
kiñe pewma feyti afvl chi mapu
tami ge ka iñche ñi ge, vlcha
allkvfe piwke, ka feychi  vl zugulvn
Ka zoy pilayan, ini rume penolu
ti llafe ini rume ñamvn nolu
Kas vlkantun fey ñi vl tañi pu Kuyfikeche
pukem antv mu vy lu ka chonglu
feyta chi kisu zwam weñagkvn

Elicura Chihuailaf Nahuelpán
Né en 1952 à Quechurewe au Chili, Elicura Chihuailaf Nahuelpán fit ses études secondaires au Lycée Pablo Neruda de Temuco, puis étudia l’obstétrique à Concepción. Poète mapuche, il se distingue par le style naturel et élégant de ses poèmes, qu’il publie en bilingue (espagnol-mapuche). Il a également traduit dans la langue de son euple une sélection de poèmes de Pablo Neruda. Il explique lui même la signification de ses noms : « Elicura est une pierre transparente ; Chihuailaf désigne une brume flottant sur un lac ; Nahuelpán est le nom du puma.

Il est notamment l’auteur de : El invierno y su imagen (L’hiver et son image) ; En el país de la memoria (Au pays de la mémoire) et A orillas de un sueño azul (Sur les rives d’un rêve bleu).

Une réflexion au sujet de « La llave que nadie ha perdido »

  1. Quelle merveille …
    Et je pense à P Guzman
    À Nostalgia de la Luz
    Au Bouton de Nacre
    À Estadio Nacional

    Nous attendons le nouveau
     » Sur la Cordillère des Andes »
    Avait-il confié à une grande salle du cinema Utopia , comble et unie…

    Un peu de Nahuatl de Mexico-Tenochtitlán , ce chant fleuri des Aztèques d’avant la Conquista , en écho au puma mapuche:
    Ocelot vient du mot nahuatl Ocelo
    Tica= courage bravoure

    Quauhyotica
    Oceloyotica
    Ma on nequechnahualo .[…]
    Avec la bravoure de l’aigle
    Avec la bravoure du jaguar
    Que l’on se donne l’accolade […]

    Et aussi du P’urhé, langue des p’urhepecha traduit en español y francés :

    Arhini atachini jingoni
    Avec cette étole ~ Avec ce rebozo
    Ójchakuraka juchiti tsípikua
    Je cacherai mes joies ~ esconderé mis alegrias
    Ka juchiti uandanhiata
    Et mes peines ~ y mis penas

    Benjamín González Urbina
    Poète mexicain -p´urhépecha de l’état du Michoacan
    Né à Pichátaro (21/10/1947)
    Il a publié entr’autres contes et poèmes et recherches pour l’INAH et l’Université du Michoacan .
    J’en retiens surtout Xanaran, Xanaran
    Marcher , Marcher édité par l’INI

    Beau printemps fleuri .

    Xochitl
    Cuicatl : définissent l’art de dire la poésie pour les nahuatl  » Lafleur le chant »
    Que votre Printemps Xochitl -Cuicatl demeure tout en Uénikua ( art poetique) et Kaxumbekua p´urhepecha
    ( morale, éthique dignité) .

    Véronique Cotet Chastelier

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