Hier, comme un soleil oblique

Hier, comme un soleil oblique

Je me rappelle quelques photos et des ombres,
sur les mur tapissés de papier blanc.
Mais par contre je ne me rappelle plus
si les vases de la maison
avaient des anses,
ou le tiroir de la table une clé.

Notre corps, douloureux,
réduisait nos jours
à un geste mien, minime ;
et tout le sens resta là-bas,
accroché au crépuscule qui,
oblique, s’inclinait à l’infini.

Il y avait des murs blancs,
et des filles sur le sable,
ou des filles au soleil se baignant.
Mais il y avait aussi nos lents silences,
la pesanteur du temps,
et l’impossibilité de dire.

Je me souviens d’un vase
sur le rebord de la fenêtre,
je me souviens aussi de ma plaie,
qui saignait sur les mus, chaque matin.

Le soir n’était pas encore entamé
lorsque j’entrai dans la maison ;
le soir s’était penché,
sur des vases et des fenêtres closes.

Sabah Zouein

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *