Arbres abattus

Mes arbres abattus
mes oiseaux crucifiés
mes places sans statues
mes soleils sans été

le creux du bronze aux cloches
et son âme aux canons.

Un fleuve à noyer mon enfance
mon chien fidèle
mes remords

Attila et les viandes crues
montant la garde à mes frontières

mes grands morts allongés dans l’herbe

mon ciel récitant des proverbes

mes enfants affamés
mes filles sans amour

mon coeur qui voulait battre
au-delà de vos guerres
fusillé sur le mur de plomb

La peur des gifles sur les toits
la peur du sable entre les doigts

mille et trop de raisons de me pendre aux patères


si l’eau de source ardente et fière
si l’eau de Médicis
obstinée de lumière
n’était venue à mon secours.

Lucien Laborde

 

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