René de Ceccatty

ou Écrire, Vivre, Traduire…

René de Ceccatty (Photo Catherine Hellier-Gallimard)
René de Ceccatty (Photo Catherine Hellier-Gallimard)

Pasolini était mort depuis sept ans quand René de Ceccatty a commencé à le traduire. C’est en 1983/84, avec l’Odeur de l’Inde – un journal de voyage poétique –, avec Descriptions de descriptions – un recueil d’essais critiques -, avec Amado mio – un roman de jeunesse, que s’ouvre le dialogue ininterrompu noué par le traducteur avec l’œuvre de Pier Paolo Pasolini, déterminante dans ses propres livres et dans son activité intellectuelle.

Mais depuis longtemps déjà, René de Ceccatty avait élu cette œuvre et s’était placé sous le signe de P. P. Pasolini.

Histoire d’un rendez-vous manqué

Début 1970, encore lycéen, R. de Ceccatty écrit – en italien – à Pasolini, lui envoie le manuscrit de son premier roman… Quelques mois auparavant, bouleversé par la découverte de Théorème – le film -, il a lu Théorème – le roman -, le premier livre qu’il ait lu en italien… Pasolini lui répond, donne son adresse et quelques mois plus tard, en juillet 70, le jeune étudiant français sonne à sa porte… Mais il ne peut voir Pasolini, parti en repérages pour son film… Et Pasolini, cherchant ensuite à le joindre à Pérouse ne l’y trouve pas…

Ainsi, leur rencontre n’eut pas lieu… Mais le manuscrit du roman, considéré par son auteur comme perdu, avait été conservé par Pasolini et a été retrouvé en 1987 parmi les documents soigneusement classés de la main même de Pasolini ; « il attendait encore que l’auteur fasse signe pour le reprendre, » écrit Sandro Veronesi, le traducteur italien de R. de Ceccatty.

Travail enraciné dans l’intime

Le travail de traduction de R. de Ceccatty s’enracine donc aussi dans son histoire personnelle et ses émotions les plus intimes.

Ce travail s’est poursuivi sans relâche avec le recueil Poésies 1943-1970 (en collaboration) – Gallimard 1990, avec La correspondance générale (1940-1975) – Gallimard – 1991, avec le roman Pétrole – Gallimard – 1995, avec le recueil de nouvelles Histoires de la cité de Dieu – Galliamrd coll. “Arcades” 1998.

Enfin, il a récemment traduit L’hobby del sonnetto sous le titre Sonnets – Poésie Gallimard – 2012, et vient de faire paraître en bilingue aux éditions Points une anthologie de poèmes de jeunesse (1941-1953) intitulée Adulte ? Jamais.

René de Ceccaty au Marché de la Poésie de Bordeaux

René de Ceccatty présentera ce recueil au Marché de la Poésie de Bordeaux le samedi 15 mars à 18 h et en lira des extraits.

Il participera aussi à la table ronde qui, à 20h30, traitera de l’engagement poétique et politique de Pasolini, de son itinéraire radical de poète, d’écrivain et de cinéaste.

En effet, René de Ceccatty a traduit de l’italien la biographie de Pasolini écrite par Nico Naldini, cousin de Pier Paolo (Biographies – Gallimard 1991) et il est lui-même l’auteur d’une biographie de Pasolini parue en 2005 en Poche-Gallimard. En outre, ses nombreux articles et conférences sur Pasolini, qui sont publiés en recueil aux éditions Du Rocher, embrassent l’ensemble de l’œuvre, en révèlent la singularité et la force.

Dans la préface de son anthologie chez Points, René de Ceccatty pose des questions essentielles : « Où Pasolini puisait-il son inspiration ? [ …] Quelle était la part de lui-même qu’il convoquait, en tant qu’individu inclassable et en tant que citoyen engagé dans ses poèmes ? La part la plus solitaire ? La part la plus douce ? La part la plus révoltée ? Et que devenait sa création poétique dans ses autres activités artistiques et politiques qu’il excerçait en tant que cinéaste, critique, romancier, dramaturge, observateur politique ? »

Sur ces questions essentielles, R. de Ceccatty pourra nous éclairer.

(Source de l’article : La lettre in Sur Pier Paolo Pasolini, R. de Ceccatyy – éditions du Scorff 1998).

Monique Moulia
pour le Marché de la Poésie