Il sonno di Evanascente

Il sonno di Evanascente
Un’ isola tra tempesta e bonaccia,
e non altro, sbarcai sulla tua faccia
nel primo sonno : dormono i vulcani
di nera lava, il suono delle nari
toccava appena sulle coste, antico
andirivieni, un fruscio di maree.

Mi tieni nel tuo sonno, e io non posso
andarti troppo a lungo, gli incantesimi
che mi fanno fermare sotto larve
o segnali : che cosa laggiù apparve
che già scompare. Sono io Ariele
o è il vento che scompiglia ora il tuo riso
nelle baie lontane. Se ti volti
nel sogno e ti rivolti, che bisogno
è questo ora nel naufrago di salire
o scendere là dove la carezza
è rissa tra due attimi, la stessa
che non contieni e doni alla brezza.

Così io mi stanco lungo i tuoi sentieri
impervi : dappertutto vedi è mare
ora d’occhi dischiusi, ma fui io
che vidi alzarti insonne dalla costola,
non era un fuoco fatuo : le conchiglie
risuonavano al tuo passo marino.

3 maggio 1981
Piero Bigongiari, da Nel delta del poema
Le sommeil d’Evanascente
Une île entre tempête et bonace,
et pas autre chose, j’ai débarqué sur ta face
au premier sommeil : dorment les volcans
de noire lave, le son des narines
touchait à peine sur les côtes, antique
va-et-vient, un bruissement de marées.

Tu me tiens dans ton sommeil, et je ne puis
te mener trop longtemps, les enchantements
qui me font m’arrêter sont larves
ou signaux ; qu’est-ce qui là-bas apparut
qui déjà disparaît. Est-ce moi Ariel
ou bien est-ce le vent qui brouille ton rire
dans les baies lointaines. Si tu ne tournes
dans le rêve et te retournes, quel est ce besoin
maintenant du naufragé de monter
ou de descendre là où la caresse
est rixe entre deux instants, la même
que tu ne contiens pas et livres à la brise.

Ainsi je me fatigue au long de tes sentiers
ardus : partout, vois, c’est une mer
maintenant d’yeux ouverts, mais c’est moi
qui t’ai vue te lever, insomnieuse, de la côte,
ce n’était pas un feu follet : les coquillages
résonnaient à ta marche marine.

Piero Bigongiari, extrait de Dans le delta du poème, in Ni terre ni mer, Orphée La Différence, 1994
Traduction Antoine Fongaro

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