Le courage

Jean Jaurès en 1904 par Nadar.

« Le courage, c’est d’aimer la vie et de regarder la mort d’un regard tranquille ; c’est d’aller à l’idéal et de comprendre le réel ; c’est d’agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l’univers profond, ni s’il lui réserve une récompense. Le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ; c’est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques. »

Jean Jaurès – Discours à la Jeunesse -1903.

 

Cette thématique proposée par Sophie Nauleau pour l’édition 2020 du Printemps des Poètes sera évoquée par le Marché de la Poésie de Bordeaux selon des axes très variés en compagnie de :

Jean de La Fontaine

La vraie épreuve de courage
N’est que dans le danger que l’on touche du doigt.
Tel le cherchait, dit-il, qui changeant de langage
S’enfuit aussitôt qu’il le voit.
(Le lion et le chasseur)

 

Romane Borhinger

qui lira
L’Occupation d’Annie Ernaux

Éblouissant portrait d’une femme de quarante ans à travers un moment essentiel de sa vie amoureuse, ce texte est particulier dans l’œuvre d’Annie Ernaux. Ce court roman de 2002 au rythme rapide nous fait entrer en empathie avec un personnage étonnamment vivant, et j’ai eu immédiatement envie de le porter sur scène : cette femme, donc, se sépare de l’homme qui partageait sa vie depuis cinq ans. C’est elle qui le quitte, avec sans doute un peu l’espoir de le retrouver un jour… Mais il s’éprend d’une autre dont elle ne sait rien, et dont son ex-amant lui cache l’identité. Tout connaître alors de sa rivale sans visage devient une obsession, et elle entre dans une passion jalouse qui occupe ses jours et envahit ses nuits :

« Cette femme emplissait ma tête, ma poitrine et mon ventre. Elle m’accompagnait partout, me dictait mes émotions. En même temps, sa présence ininterrompue me faisait vivre intensément. Elle provoquait des mouvements intérieurs que je n’avais jamais connus, déployait en moi une énergie, des ressources d’invention dont je ne me croyais pas capable, me maintenait dans une fiévreuse et constante activité. J’étais au double sens du terme, occupée… »

Pierre Pradinas, Mai 2017

 

 

Virgile

grâce à Fréderic Boyer et sa nouvelle traduction des Géorgiques : Le souci de la Terre.

À quoi peut bien nous servir de nos jours un tel ouvrage, rédigé dans la campagne italienne il y a plus de deux mille ans? Virgile annonce son projet dès l’ouverture de son œuvre : traiter des techniques et des arts de la res rustica, la matière agricole : travaux des champs, culture de la vigne, élevage et apiculture.
Retraduire aujourd’hui ce poème, c’était découvrir combien ce texte résonne avec nos préoccupations et notre sensibilité contemporaines : fragilité du vivant et des espaces naturels, lien des hommes à la terre, aux végétaux et aux animaux. Célébrer notre obscure condition terrestre dont nous semblons nous éloigner toujours davantage. C’était revenir à la source de ce texte étrange, qui sous prétexte d’agriculture s’ouvre sur une réflexion beaucoup plus vaste sur l’état du monde. Un livre rédigé dans une période trouble et sanglante, et qui en porte les cicatrices. C’était montrer enfin qu’il s’agissait d’un grand poème sur la beauté autant que sur l’instabilité du monde, la guerre, la pensée de la fin des êtres et des choses, la fuite du temps.

 

Patrick Laupin

qui milite pour un « partage des mots, véritable instrument de guerre déclarée à toute forme d’exclusion sociale. »

mais aussi Charles Pennequin, Jean-Michel Espitallier, Marc Graciano, Bruno Doucey, Aurélia Lassaque, Maria Stavrinaki

Afin d’aborder ce programme, nous nous laisserons guider par quelques maisons d’édition :

et leurs auteurs.

Programme complet ici

 

Défiler vers le haut