Scripta volant

Non le parole nude resteranno
ma il labirinto di rughe del tuo volto,
l’arrampicarsi degli occhi e delle mani
sullo specchio del tutto.
I tuoi pensieri non sono voce
ma corpo mio.
E non nella memoria vive qualcosa;
è nei sussulti dei sensi che rinasce
ciò che da sempre non sappiamo e siamo,
l’insegnamento involontario dei sospiri
le cicatrici riaperte a ogni notte.
Il resto è un cimitero di ricordi :
tombe bellissime.

Questo di te resta nell’eco.
Quando dicevi, senza dire, senza saperlo,
col tuo sistema unico di macerare
pagine intere, arricciolare gli angoli,
scegliere il luogo in cui riporre il libro:
«Strappa dalla parola quanto c’è d’umano.
Fanne pane. Di quanto ne rimane,
di quanto tace,
sangue».
Martino Baldi,
da Capitoli della commedia, Edizioni Atelier, 2006
Coll. Parsifal, « Puro e folle » – N°14

Ce ne sont pas les mots nus qui resteront
mais le labyrinthe de rides de ton visage,
l’escalade des yeux et des mains
sur le miroir du grand tout.
Tes pensées ne sont pas voix,
elles sont mon corps.
Et ce n’est pas dans la mémoire que quelque chose vit ;
c’est dans les secousses des sens que renaît
ce que nous savons et ce que nous sommes depuis toujours,
l’enseignement accidentel des soupirs
les cicatrices réouvertes chaque nuit.
Le reste est un cimetière de souvenirs :
des tombes magnifiques.

Cette part de toi demeure dans l’écho.
Quand tu disais, sans le dire, sans le savoir
avec ta façon unique de triturer
des pages entières, de corner les coins,
de choisir l’endroit où reposer le livre :
« Arrache de la parole ce qu’il y a d’humain.
Tires-en du pain. De ce qu’il en reste,
de ce qui est tu,
du sang.»
Martino Baldi, extrait des Chapitres de la comédie,
Revue Phœnix N°12 – Décembre 2013
Numéro spécial Prix Léon-Gabriel Gros
Traduction Valérie Brantôme

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