Quand je me deux

Trouvé dans une flaque d’eau de quoi infiniment
Passio passionnément longuement spéculer
Rien de spectaculaire une feuille rongée au fond
Rouge dessus la boue noire et ma tête telle une trogne
Réfléchie tel un arbre découpé sur le ciel
A la surface de l’eau de la flache spéculaire

Ma tête qui comprenait le vent les cumulus
L’ œil coulant au soleil suspendu sans rayons
Pareil qu’une lune toute rouge qu’une peine très ancienne
fonde
Et encore autre chose depuis cette morte feuille
Une vieille main sur mon front rayé une main d’aïeule
Cette vieille sempiternelle main-là par temps de chien

L’asile est lunatique comme la pluie et l’amour
Tout passe par la fenêtre un chat un philosophe
Un unidentified flying object un jour
Un jour une nuit un jour que le téléphone sonne
Par la fenêtre sonne par la fenêtre dégage
Assez légèrement pour cueillir ce nuage.

Valérie Rouzeau
Ed. Le temps qu’il fait

Lectures de poésies et rencontres de poètes à Bordeaux