Oui je sais

Oui, je sais

Oui je sais que
la réalité a des dents
pour mordre
que s’il gèle il fait froid
et que un et un font deux

je sais je sais
qu’une main levée
n’arrête pas le vent
et qu’on ne désarme pas
d’un sourire
l’homme de guerre

mais je continuerai à croire
à tout ce que j’ai aimé
à chérir l’impossible
buvant à la coupe du poème
une lumière sans preuve

car il faut être très jeune
avoir choisi un songe
et s’y tenir
comme à sa fleur tient la tige

contre toute raison

Jean-Pierre Siméon

Lectures de poésies et rencontres de poètes à Bordeaux

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