L’archipel

Archipels

Entre nous l’isthme se prolonge. La parole qui fut jadis s’est tue.
Quelques broussailles te couvrent le visage Quelques toiles te masquent la face
Entre nous se prolonge le strident silence et la parole qui fut se ramollit,
La roche écarlate se dissout taillée par le vent, la pluie et les vagues
Alors, l’effluve se faufile entre le fruit et sa chair. L’isthme se prolonge jusqu’à l’affliction.
Je guette le sens dans l’aurore,
Entre les rivages éloignés, l’azur accueille les vivants
L’atmosphère inondée se charge de toutes les voix Alors naît la parole.
Le silence n’a pas de place dans l’isthme de mes jours
Lentement, ma mémoire croît, bâtie de paroles, de talismans aux sons aigus
Des cris des oiseaux d’outre-mer. Je guette le sens dans l’aurore.

Aymen Hacen
Dans le creux de la main, Paris, L’Harmattan, coll. « Poètes des Cinq continents », 2003

Lectures de poésies et rencontres de poètes à Bordeaux