Juan Gelman

Juan_GelmanEmpecé a escribir poemas a los nueve años. Claro que fue por una chica. Al principio le mandaba versos de un argentino del siglo XIX, Almafuerte, pero no me hizo caso.Así que decidí probar yo mismo. Tampoco me hizo caso. Ella siguió por su camino y yo me quedé con la poesía.

Así explicaba Gelman sus comienzos literarios al conocer que había recibido el Premio Cervantes en 2007.

J’ai commencé à écrire des poèmes à neuf ans. Bien entendu, c’était pour une fille. Au début, je lui envoyais des vers d’un Argentin du XIXeme siècle, Almafuerte, mais elle n’en fit aucun cas. Je décidai alors d’essayer mes propres vers. Elle n’en fit pas cas non plus. Elle poursuivit son chemin et moi je suis resté avec la poésie.

C’est ainsi que Juan Gelman expliqua ses débuts littéraires quand il apprit qu’il avait reçu le Prix Cervantes en 2007.

Alza Tus Brazos

Alza tus brazos,
ellos encierran a la noche,
desátala sobre mi sed,
tambor, tambor, mi fuego.

Que la noche nos cubra con una campana,
que suene suavemente a cada golpe del amor.

Entiérrame la sombra, lávame con ceniza,
cávame del dolor, límpiame el aire:
yo quiero amarte libre.

Tú destruyes el mundo para que esto suceda
tu comienzas el mundo para que esto suceda.

Costumbres

no es para quedarnos en casa que hacemos una casa
no es para quedarnos en el amor que amamos
y no morimos para morir
tenemos sed y
paciencias de animal

Escribo En El Olvido

Escribo en el olvido
en cada fuego de la noche
cada rostro de ti.
Hay una piedra entonces
donde te acuesto mía,
ninguno la conoce,
he fundado pueblos en tu dulzura,
he sufrido esas cosas,
eres fuera de mí,
me perteneces extranjera.

La Secreta Dulzura Del Dolor

la secreta dulzura del dolor
es transparencia/sale
de la furiosa resignación del sueño/
suena en la boca del perdido

en su origen/en su
rumor de existencia que
le clava la cabeza al gran espanto/
al doble andar/al doble hilo/a la

no verdad del estar como no estar/
el vuelo torpe que los cría/
lo que rompe la luz/memoria

confusa por sus números/
pecho que dura como huella/
la nada que te ama/

Lève les bras

Lève tes bras,
ils enserrent la nuit,
dénoue-la sur ma soif,
tambour, tambour, ma flamme.

Que la nuit nous couvre d’une cloche
qui sonne doucement à chaque élan d’amour.

Enterre mon ombre, lave-moi avec de la cendre,
creuse ma douleur, purifie mon air :
je veux t’aimer libre.

Tu détruis le monde pour que cela advienne
tu commences le monde pour que cela advienne.

Coutumes

Ce n’est pas pour nous y enfermer que nous construisons une maison
ce n’est pas pour nous enfermer dans l’amour que nous aimons
et nous ne mourons pas pour mourir
nous avons la soif et
la patience de l’animal

J’écris dans l’oubli

J’écris dans l’oubli
dans chaque feu de la nuit
dans chacun de tes visages.
Bien sûr il y a une pierre
sur laquelle je te couche en moi,
personne ne la connaît,
j’ai fondé des villages sur ta douceur,
j’ai souffert de ces choses,
tu es hors de moi,
étrangère tu m’appartiens.

La secrète douceur de la douleur

La secrète douceur de la douleur
est transparence/elle sort
de la furieuse résignation du rêve/
résonne dans la bouche de l’égaré

à son origine/à sa
rumeur d’existence qui
cloue la tête de la grande épouvante/
à la double allure/au double fil/à la

non vérité d’être comme de ne pas être/
le vol vacillant qui les éduque/
ce qui rompt la lumière/la mémoire

troublée par ses nombres/
poitrine qui dure comme une trace/
le néant qui t’aime/

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